EL Watan Article

A LA UNE CULTURE

7e Festival International de l’Art Contemporain au Mama

«Parenthèse…» ou les tendances diverses

15657_h230w230gt.3Taille du texte normale

le 12.12.15 | 10h00

Le  7e  Festival  international de l’art contemporain a été étrenné, jeudi soir, au Musée d’art moderne et contemporain (MaMA),  à Alger, par le vernissage d’une exposition  intitulée «Parenthèse…».

Comme il est de tradition dans un tel événement artistique, c’est en présence d’un public nombreux et connaisseur à la fois que l’exposition  «Parenthèse…» a été inaugurée, jeudi, par le ministre de la Culture, Azzedine Mihoubi. L’exposition en question, qui se déroule sur deux niveaux du musée, englobe 17 exposants, dont 7 artistes étrangers. Cette exposition est le fruit d’une résidence qui s’est déroulée du 22 novembre au 10 décembre à Alger. La plupart des œuvres ont été conçues sur place à partir de matériaux et techniques locaux. Il faut savoir qu’à la clôture de l’exposition, prévue le 20 février 2016, les artistes participants décideront du sort de leurs œuvres respectives.

Elles seront soit offertes au musée, soit reprises par leur créateur, ou détruites d’un commun accord pour garder l’authenticité de l’œuvre.Le commissaire artistique de l’exposition, Omar Meziani, nous explique que c’est parce que l’art contemporain va dans tous les sens en ce moment qu’il était impératif de faire une parenthèse, pour s’arrêter un peu et voir ce qui se passe réellement dans l’art contemporain. A travers la centaine d’œuvres exposées, dont la scénographie a été confiée à Mohamed Guesmia, le visiteur est à même de découvrir de belles œuvres plurielles. Toutes les tendances et les techniques sont rassemblées : l’art conceptuel, l’art classique, l’impressionnisme, l’expressionnisme, la récupération, la technologie de pointe, en passant par la sculpture et l’installation.

Qu’ils soient de nationalité algérienne ou étrangère, les artistes se sont surpassés en matière de créativité, en présentant des œuvres ingénieuses. Enseignant de l’art et de l’image depuis une vingtaine d’années à l’Institut national des Beaux-Arts de Tétouan, l’artiste marocain Hassan Echaïr fait dans la récupération. Il utilise du fil, du bois et de la pierre pour donner naissance à une carte d’identité d’une terre ou encore d’un individu.

Skander Mohamed, directeur des études à l’Ecole régionale de Batna, présente un éventail de six œuvres. Mystique dans sa démarche, ce spécialiste de la calligraphie offre des œuvres spécifiques et précises à la fois. Ses tableaux se targuent de contenir fraîcheur, brillance et qualité de profondeur. Il utilise le caractère comme signe vivant, notamment de la calligraphie maghrébine pour voyager dans la forme et se libérer. Né à Oran, l’artiste-peintre français, Patrick Altes, présente une œuvre digitale grandeur nature sur laquelle on peut apercevoir une série de superpositions à l’infini de 500 clichés représentant Alger avec ses immeubles, ses affiches murales et son port. Chaque cadre est en fait une superposition de cinq photos.

L’œuvre est tapissée de motifs floraux imaginaires réalisés à la main. Les textures qui remplissent ces dessins sont des tissus d’inspiration orientale. Selon l’artiste, ces fleurs sont le pouvoir du peuple qui fait toujours bouger les choses. En dessous de la toile, à même le sol, sont éparpillées des fleurs mortes : un hymne à la vie et à l’espoir. L’artiste a essayé de créer une multifacette qui redonne une vision personnelle, panoramique et mémorielle d’Alger.

Ces photos, révèle Patrick Altes, sont le résultat d’une longue marche dans Alger : «J’ai remis tout cela dans une espèce de mélange un peu chaotique. J’ai essayé d’avoir cette vision d’Alger qui éclate dans tous les sens. J’ai voulu transmettre cette atmosphère d’Alger qui est riche et sensuelle à la fois.» Clémentine Carsberg a isolé un détail du motif architectural du Mama, représenté par ses boiseries et remparts blancs. Elle a fait un tirage répétitif de 100 pièces pour créer un motif et pour couvrir des formes qui sont des extraits de constructions qui s’accumulent et qui viennent envahir le sol en passant sous le papier de l’espace d’exposition.

Le créateur et sculpteur autodidacte de bijoux, Mohamed Rédha Skander, a, pour les besoins de ce festival, présenté une sculpture en fonte de cire, en bronze et en résine intitulée «Alif». Six autres pièces sont également exposées dans des encadrements muraux. Kamel Yahiaoui expose des installations monumentales et autour de la mémoire. La Hollandaise Anna Dasovia planche dans l’art conceptuel en présentant un travail sur l’accaparement des médias des événements de guerre. 

Nacima Chabani