I was born in Oran (2018). Mixed media and collage on canvas. Dim: 120x80cm

« Je  suis né a Oran »,

Dans cette œuvre et son titre se trouve condensé, un propos qui m’échappe et que je cherche à saisir, inutile de me demander le « narrative » de cette peinture, car c’est en la regardant de près, de très près, de loin , de très loin, puis en cessant de la regarder pour s’en souvenir et l’imag-i-ner  que peu à peu, à travers ces expériences  s’opère un processus qui ressemble peut être au discours   qu’il contient (…)

Je suis né à Oran, au bord de cette frontière entre la terre et la mer,  là où la mer et le ciel se rejoignent à l’horizon, le bleu marine vient rejoindre le bleu azur, les bleus ne se déclinent pas toujours sous la forme d’un lisse continuum mais avec des aspérités, l’aspérité mousseuse de l’écume des vagues, et le volume tourbillonnant des nuages,

Et sur la bordure terrestre, des roches, des rochers, des pierres, symboles peut-être  de ce roc auquel je me raccroche, « the rock I grasp and where was born  my soul », je suis né, qui est ce « je » ?,  qui est né ?, comment ce commencement du monde pour ce « je » est il apparu ? un cri qui résonnait comme une explosion de tous les sens,   ce « je » entrait  non seulement dans un espace avec des dimensions à une autre échelle, il quittait le microcosme maternel bilatéral  et fusionnel et clos pour entrer dans un espace multi-relationnel et ouvert, avec une infinité de possibilités de chemins, de routes, de traversées, de ponts, de liens à tisser.., par voie de superpositions, de juxtapositions, de ponts à tracer, à inscrire , à inventer..

C’est en revenant à Oran, au sens propre et figuré que je re-nais chaque fois Autre, alors cette identité, quelle est elle ? elle est le pré-texte pour aller à la source d’un et de plusieurs commencements, et ce lieu de commencement n’est pas un point, mais une suite de points qui ensemble forment des lignes, des liens, des ponts que je construis graphiquement, mentalement, humainement, géographiquement comme une profession de foi, au nom d’une foi en la (re)-naissance d’un humanisme du XXI ème siècle à créer, construire, façonner ensemble, une sorte d’idéal  à mettre en œuvre ici, et maintenant.. où il n’y aurait plus d’Enfer sur Terre, mais des scintillements, des luminessences-ou lumi-naissances…

Et si Patrick, m’était conté…

Par HLC Juin 2018

“I was born in Oran,”

A message is encapsuled in this work and its title, a message that escapes me and that I try to grasp. Don’t ask me to explain the “narrative” of this painting, because it is by observing it closely, very closely, looking from far, far away, then closing my eyes so as to remember it and re-imagine it that you may apprehend it through these sensory experiences, which retrace its inner discourse.

I was born in Oran, on the edge of land and sea, where the Mediterranean and the sky meet on the horizon, where navy blue meets azure, where blues don’t operate in a smooth continuum but with asperities, where the frothy roughness of the waves battles the swirling volume of the clouds.  I was born on the earth’s edge, where crag, bluff, cliff act as symbols of that rock to which I cling, “the rock I grasp and where my soul was born”.  Who is this “I” who was born? How did this beginning of the world for this “I” suddenly appear?

A cry that resounded like an explosion of all the senses, ushered this “I” into a space with dimensions on another scale. It left the bilateral and enclosed maternal microcosm to enter a multi-relational and open space , with infinite possibilities of paths, roads, crossings, bridges, links to be created by way of overlays, juxtapositions, bridges yet to be traced, chronicled, to invented ..

It’s by going back to Oran, literally and figuratively, that I am reborn, each time different and each time questioning the notion of identity.  What is identity? Is it the pretext (pre-text) to go to the source of one or various beginnings, and is this place of beginning not a point, but a series of points which together form lines, links, bridges that I mentally build as a profession of faith, in the name of a faith in the (re)birth of a 21st century Humanism.  A Humanism to create, build, shape, an ideal for the here and now …  An here and now where there would be no more Hell on Earth, but luminescence, light-essence, or light-birth …

If a painting could talk…

Translated by Patrick Altes